Camping sauvage et bivouac en France : ce qui est autorisé

Camping sauvage et bivouac en France : ce qui est autorisé

Dormir sous la tente au bord d'un lac, loin de tout : l'idée fait rêver. Mais en France, le camping en dehors d'un terrain aménagé obéit à des règles précises. Elles ne sont pas très compliquées, à condition de distinguer deux pratiques que l'on confond souvent : le camping sauvage et le bivouac.

Camping sauvage ou bivouac : quelle différence ?

On parle de camping sauvage (ou camping libre) quand on s'installe hors d'un terrain de camping, éventuellement pour plusieurs jours, avec sa voiture, une grande tente ou du matériel. Le bivouac, lui, désigne un abri léger monté le soir et démonté le matin, le temps d'une nuit, en général au cours d'une randonnée. La loi ne les traite pas tout à fait de la même façon, et les espaces naturels protégés font souvent toute la différence entre les deux.

Le principe : possible avec l'accord du propriétaire

Le code de l'urbanisme pose une règle simple : le camping isolé est libre, hors des routes et voies publiques, avec l'accord de celui qui a la jouissance du terrain. Autrement dit, un champ, un pré ou un bois appartient toujours à quelqu'un, propriétaire privé, commune ou État. Le réflexe le plus sûr est donc de demander. Un agriculteur accepte souvent une tente pour une nuit si on le lui demande poliment.

Une commune peut par ailleurs interdire le camping sur certaines parties de son territoire par arrêté. Ces interdictions sont fréquentes sur le littoral et autour des sites très fréquentés : regardez les panneaux à l'entrée des parkings et des plages.

Les lieux où c'est interdit

L'article R111-33 du code de l'urbanisme interdit le camping isolé, sauf dérogation, dans plusieurs types de lieux :

  • sur les rivages de la mer ;
  • dans les sites classés ou inscrits ;
  • aux abords des monuments historiques et dans les sites patrimoniaux remarquables ;
  • dans un rayon de 200 mètres autour des points d'eau captés pour la consommation d'eau potable.

Planter sa tente sur une plage ou au pied d'un château est donc, sauf autorisation, hors des clous. Les réserves naturelles et les parcs nationaux ont en plus leurs propres règlements.

Pas de feu en forêt

Le code forestier interdit à toute personne autre que le propriétaire et ses ayants droit d'allumer ou de porter du feu dans les bois, forêts, landes, maquis et garrigues, et jusqu'à 200 mètres de ces espaces. Un feu de camp ou un barbecue en lisière de forêt tombe donc sous cette interdiction, toute l'année. En période de risque, les préfets peuvent renforcer ces règles. Pour cuisiner, un petit réchaud utilisé sur un sol dégagé et sous surveillance reste la solution la plus prudente, en vérifiant qu'aucun arrêté local ne l'interdit.

Le bivouac dans les parcs nationaux : l'exemple des Écrins

Chaque parc national fixe ses propres règles, et elles évoluent. Le parc national des Écrins, à cheval sur les Hautes-Alpes et l'Isère, a publié un nouvel arrêté le 16 juin 2026, face à la forte hausse du nombre de tentes. Le bivouac y reste autorisé dans son cœur, à plusieurs conditions :

  • installation après 19 heures et démontage avant 9 heures, sauf mauvais temps qui mettrait les randonneurs en danger ;
  • une petite tente, dans laquelle on ne tient pas debout ;
  • une seule nuit au même endroit ;
  • des règles renforcées autour de certains lacs très fréquentés, comme le Lauvitel et la Muzelle.

Dans la Vanoise, le bivouac est encadré autour de certains refuges. Avant de partir, consultez toujours le site du parc concerné : c'est la seule source à jour.

Les bons gestes, partout

  • Arriver tard, partir tôt, ne passer qu'une nuit au même endroit.
  • S'installer à distance des lacs, des torrents et des sentiers.
  • Remporter tous ses déchets, y compris le papier toilette.
  • Ne pas utiliser de savon dans les cours d'eau, même s'il est présenté comme biodégradable.
  • Rester discret : pas de musique, pas de lumière forte.

L'alternative : un petit camping au plus près de la nature

Pour profiter de la nature sans se poser de question, les petits campings et les aires naturelles de camping sont une bonne solution : peu d'emplacements, un cadre champêtre, des sanitaires et de l'eau potable. C'est le cas par exemple de l'aire naturelle de la Ferme de la Borde dans l'Aveyron.

En montagne, un camping au pied des sentiers permet de partir en randonnée à la journée, ou de faire une nuit en bivouac avant de retrouver une douche chaude : La Gravelotte à La Grave, face à la Meije, la Ferme Noémie au Bourg-d'Oisans, ou Alpes Lodges à Pralognan-la-Vanoise.

Pour trouver un terrain près de votre itinéraire, ouvrez la carte des campings ou parcourez la liste des campings : près de 4 000 établissements partout en France.

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